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Niveau : Grade 2-3 N4

Le Poing de Compassion et le Corps d'Acier

Illustration

Illustration imaginaire du célèbre combat sur le pont de la rivière Hija avec Kayn Chotoko

Kyan Chōtoku : L'homme de fer au poing de compassion

C'est en respirant l'atmosphère pesante de cette époque charnière qu'a grandi la figure centrale de notre récit : Kyan Chōtoku (1870-1945), issu de la noblesse et descendant de l'ancienne dynastie royale. Surnommé « Chan-Mii-Gwaa » en raison de ses petits yeux, il est aujourd'hui vénéré comme l'un des plus grands maîtres du karaté de combat réel. À l'âge de 9 ans, Chōtoku accompagna son père, qui suivait le roi exilé à Tokyo. Pendant neuf ans, au cœur de la capitale impériale en pleine mutation, le jeune garçon étudia la littérature classique tout en perfectionnant sans relâche les arts martiaux de sa famille

やさしい空手からてと強つよい体からだ

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1896ねんに、お父とうさんと おきなわへ 帰かえりました。 でも、おきなわの 国くには かわりました。ちょうとくは、しごとが ありません。 とても くるしい せいかつを しました。

でも、ちょうとくは 毎日まいにち 空手からての れんしゅうを しました。 体からだは、とても 強つよく なりました。 せなかの かわが、足あしの うらの ように あつかったです。 小ちいさい 体からだの 中なかに、強つよい 力ちからが ありました。

ある 時とき、村むらに わるい 男おとこの 人ひとが いました。 おさけを のんで、あばれる 人ひとです。 ちょうとくは、男おとこの 人ひとの うでを しずかに つかみました。

男おとこの 人ひとは おこって、「空手からてと けんかは ちがうぞ!」と 言いいました。 二人ふたりは、川かわの 前まえに 立たちました。

男おとこの 人ひとは、力ちから いっぱい なぐって きました。 ちょうとくは 早はやく 体からだを うごかして、男おとこの 人ひとの 足あしを はらいました。 男おとこの 人ひとは 前まえに たおれて、川かわに おちました。

ちょうとくの 空手からては、人ひとに けがを させない、やさしい 空手からて です。 男おとこの 人ひとは わるい 心こころを なおして、まじめに はたらきました。 村むらの 人ひとたちは、ちょうとくを ほめました。

📍 Point culturel : Okinawa au temps de Kyan Chōtoku (1890–1920)

La chute d'un monde : Ryūkyū Shobun Quand Kyan rentre définitivement à Okinawa vers 1896, l'île qu'il retrouve n'est plus le Royaume de Ryukyu de son enfance. L'annexion de Ryūkyū (Ryūkyū Shobun, 琉球処分 : disposition deRyūkyū ) de 1879 avait tout bouleversé : abolition de la monarchie, envoi du roi en exil à Tokyo, mise sous tutelle totale du gouvernement Meiji. Le gouvernement central envoya des troupes, des policiers, et fit arrêter et torturer plus d'une centaine de nobles qui résistèrent. L'ordre ancien était mort.

La ruine des shizoku: les nobles sans emploi Le coup le plus dur toucha directement la classe guerrière à laquelle appartenait Kyan. Les shizoku (士族), ces familles de nobles-guerriers héritiers de la tradition bushi ryukyuane, perdirent leurs fonctions, leurs revenus et leur statut du jour au lendemain. Leur pension (kyūroku, 禄) fut progressivement supprimée par le gouvernement Meiji, qui appliqua à Okinawa la même politique d'abolition des privilèges de classe qu'au Japon continental — mais avec un décalage et une brutalité particulière. Kyan Chotoku fut particulièrement touché puisqu'à l'âge de 38 ans, il dut déménager à Makihara pour survivre en élevant des vers à soie et en tirant des charrettes. Un descendant du roi Shō Shin, formé aux classiques chinois à Tokyo, réduit aux travaux manuels — c'est l'image de toute une génération de nobles appauvris.

L'école comme machine d'effacement culturel L'outil central de l'assimilation forcée fut l'école. Dès 1880, le gouvernement Meiji créa à Okinawa des écoles primaires, des collèges et une école normale, et publia un manuel de conversation (Okinawa Taïwa) pour imposer le japonais standard. Mais l'instrument le plus brutal fut le système des 方言札 (hōgen fuda, « plaquettes de dialecte ») :

Tout enfant surpris à parler l'Uchinaguchi (langue d'Okinawa) en classe recevait une plaquette en bois à porter autour du cou, comme un collier de honte

Pour s'en débarrasser, il devait dénoncer le prochain camarade parlant en dialecte

Le système transformait les enfants en espions les uns des autres, dressés à avoir honte de leur propre langue maternelle

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